Aquitanisphère, l'urbanité, notre bien commun.

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état des lieux

Aquitanis, une entreprise en TRANSITION sur un territoire de projets urbains et sociaux durables. Changer notre façon d’être au monde, notre manière de penser et de faire, telle est l’exigence de la voie choisie. Une voie où nous ne sommes pas seuls, « hors-sol », mais bien ancrés dans un territoire, reliés à tous les autres pour développer une nouvelle performance de gestion urbaine et sociale. Une voie très enthousiasmante car reposant sur une vision de l’avenir résolument optimiste avec l’action collective comme moteur et l’humanité comme perspective. Une voie qui poursuit le sillon que nous traçons depuis quelques années. Une voie où chacun peut faire sa part comme aquitanis en des lieux.

La carte n’est pas le territoire

Aquitanis de par son statut peut développer et gérer des projets d’habitat sur un territoire très large, celui de l’Aquitaine, mais a choisi, dans une perspective de proximité, d’intervenir sur la métropole bordelaise et l’ensemble de son aire métropolitaine qui deviennent autant de territoires de projets urbains et sociaux durables. Mais est-ce à cette échelle que nous pouvons produire de l’habité, du paysage, un nouvel espace ?

Si le mouvement de la Transition part des initiatives d’une communauté pour espérer changer le monde, aquitanis part de projets sur des lieux singuliers pour faire bouger peu à peu les lignes. Les lieux comme les sites, et pour nous ces deux mots sont synonymes, sont à considérer dans leurs relations de co-évolution entre les établissements humains, la nature et le travail, qui caractérisaient les civilisations précédentes.

« Produire la ville » est hors de notre portée tant la tâche est surdimensionnée, inaccessible à nos compétences comme à nos moyens. Nous ne savons pas faire. Par contre, nous pouvons produire, gérer des lieux et à cette échelle « attrapable » gérer la Transition. Ces lieux ou sites peuvent être une résidence (exemple : les bâtiments N et O du Grand Parc) ou un quartier (Les Sécheries à Bègles, Pont Rouge à Cenon).

Le prisme du lieu permet de rentrer concrètement en connivence avec les projets de territoire. Ainsi, à Bordeaux, nos lieux s’inscrivent dans la volonté d’être un territoire de cohésion sociale irriguée par la participation citoyenne, dans la préoccupation de développement durable forte à la fois des réponses à donner aux enjeux d’une ville en essor et de la préservation de ce qui fait son identité, culture comme nature.

 

Esprit des lieux

Les lieux investis peuvent être situés sur notre territoire d’intervention (aire métropolitaine à tout le moins) et s’entendent dans une lecture d’un territoire urbain polycentrique éloigné de l’habituelle opposition centre/périphérie.

Ces lieux ont tous un déjà-là qu’il s’agit de saisir, de s’approprier pour fertiliser l’opération à mener. Nos projets, parce que bien amarrés sur des lieux, sur leur matérialité (les données naturelles, les gens, les organisations, les infrastructures) comme sur leur identité (leurs valeurs, leur histoire, leur âme), peuvent nous permettre le pas de côté nécessaire à l’innovation tout en restant juste, pertinent, concret.

Le projet Echop’ est né d’une approche sensible de l’esprit des lieux de La Benauge et propose une réécriture architecturale de l’habitat typique du quartier guidée par la générosité de l’usage. En suivant, le projet VIM accepte la présence historique en ce lieu de l’eau comme une donnée et non comme un risque (PPRI) et met en oeuvre un habitat protecteur sur pilotis.

 

Lieux communs

Ces lieux peuvent être des lieux ordinaires comme exceptionnels, en tous les cas toujours singuliers.

Plus que des lieux communs, ce sont des « lieux en commun », sur lesquels on s’entend pour faire plus avec moins, pour permettre à la vie de s’y épanouir et non pas d’y être empêchée, d’injecter du plaisir des lieux à travers un projet d’habitat.

Les lieux sont des situations de gestion sur lesquels nous rassemblons autour d’une expérience d’innovation les acteurs en présence représentant les organisations concernées, les habitants.

Faire ensemble dans une énergie créatrice réinterroge notre organisation, la position traditionnelle de nos métiers comme nos relations trop convenues maître d’ouvrage/maître d’oeuvre/maîtres d’usages (habitants).

Ainsi, nous délaissons peu à peu le schéma séquentiel classique : un programme > un projet > un usage pour un processus ouvert et coopératif associant les différents acteurs. Au fur et mesure, de la conception à la livraison, ces derniers avancent des choix conjoints et dégagent les marges de manoeuvre techniques et financières pour s’accorder sur les usages souhaités.

Ce processus d’enquête tourné sur l’expérience menée collectivement, au-delà de la construction ou de la réhabilitation, se retrouve également dans l’amélioration en continu et sur mesure de la gestion résidentielle et s’incarne à travers les Projets de gestion de site.

 

Lieux de rencontre

En ces lieux il s’agit bien de « cultiver l’intensité », créer des échanges humains face à ce « trop plein de réalité » que l’on nomme densité. L’intensité, c’est une « amplification » de vie et d’usage(s) qui s’oppose à la densité construite, en réaffirmant l’importance des « interstices » urbains et de la perception sensible. Comme le lierre, plante radicante qui vient se glisser dans les « plis et replis » des espaces habités, cultivés, les « interstices » (jardins, coursives, creux, vides, belvédères, allées, cheminements…) ouvrent des possibles et minuscules instants de partage, d’échanges.

Les lieux sont aussi des espaces pour cultiver la rencontre entre l’urbain et la nature tout à la fois paysagère et nourricière.

De plus, chaque lieu doit être un espace de « rencontre productive » mis en tension comme une coopérative de production car la rencontre se fonde sur la capacité des habitants à produire avec nous leur lieu de vie.

La résidence intergénérationnelle Oréa utilise à ce titre des stratégies pour susciter de l’intensité : l’élargissement des fonctions avec des coursives assez larges pour y poser des tables et des chaises, des « boîtes à vélos » et des jardinières pour écran végétal, la création d’alibis comme les jardins partagés propices aux rencontres fortuites comme organisées…

Le projet Locus Solus au Grand parc initie la première « coopérative de production » d’une quarantaine d’habitants œuvrant à la réalisation de leur logement « sur mesure » et à la réalisation d’une « Ferme urbaine » véritable espace agricole de production maraîchère.

 

Complexité des lieux

Le lieu est un « précipité » de complexité acceptée comme telle et qui exige pour la travailler de conjuguer les talents, de diversifier les approches. Sublimer la complexité, c’est l’accueillir et la dépasser, c’est résoudre des équations paradoxales en une réponse qui fait sens.

Toutes les intelligences ont été les bienvenues pour tenir un projet aussi complexe que GHI. Mais c’est bien parce qu’il est complexe et qu’il est saisi comme tel avec tous les risques qui s’y rattachent, qu’il acquiert sa « dimension anthropologique ». Prendre simplement le problème à résoudre, c’était réaliser une réhabilitation. Prendre la situation habitée dans toute sa complexité - politique, urbaine, technique, sociale, environnementale… - c’est le choix d’une régénération hors norme en site habité.

Chaque lieu doit aussi porter en lui tout ce qui fait ville ou vie de quartier : habitat bien sûr mais aussi activités, commerces, emplois. Il doit être accessible à tous, on peut y cheminer à l’abri des voitures mais celles-ci trouvent leur place y compris un peu à l’écart dans des parkings-silos de proximité. Les abords font l’objet d’une attention paysagère.

 

Lieux dits

Par la mise en récit de la singularité d’un lieu, puis du projet mené, nous y faisons surgir le sens partagé.

En effet, si nous donnons une dimension matérielle, concrète à ce que nous faisons, nous l’enveloppons aussi d’une dimension idéelle, abstraite lui offrant ainsi un écho au-delà des frontières du lieu. Cette dernière dimension, parce qu’elle saisit une valeur sociétale et environnementale qui fait référence dans un cadre plus large, assure une possible déclinaison du projet.

Ainsi, cette narration, ce récit collectif permet de « sortir du lieu » et le numérique représente un vecteur formidable par sa capacité d’être là et ailleurs, d’essaimage des idées.

Le travail réalisé au Bouscat avec Oréa répond à une dimension idéelle, comment bien vivre ensemble entre générations, et tout le challenge du projet a consisté à fabriquer les outils adaptés pour passer de cette dimension à celle très concrète de la réalisation matérielle. Puis grâce au récit qu’il en est fait, le projet, inscrit dans ce lieu singulier en plein cœur du Bouscat, va pouvoir être adapté ailleurs sur d’autres lieux animés par le même questionnement tout en respectant à chaque fois la singularité de la situation.

 

Lieux repères

La narration a pour effet de rendre lisible et crédible notre capacité « d’innovation ouverte » en logique de Transition, de légitimer par l’action collective notre position d’aiguillon, d’éclaireur. Avec elle, les lieux deviennent démonstrateurs et se font caisse de résonnance de notre capacité à faire sur le terrain.

Les décideurs locaux peuvent ainsi reconnaître dans les problématiques traitées, les règles respectées, les principes mis en œuvre et les valeurs mobilisées, leurs propres préoccupations. Forts de la preuve, ils peuvent choisir à leur tour d’adopter l’une de nos réponses, ou confiant dans notre manière de gérer les lieux, nous demander de les régénérer par un nouveau projet.

En cela notre site Internet aquitanisphère dans sa nouvelle version, est voulu comme une courroie de transmission permettant de connaître, de suivre le travail réalisé sur des lieux singuliers, en multipliant les angles d’approche, les traitements (texte, image, vidéo, plans…).

 

Par la multiplication des lieux, nous aquitanis et ceux avec qui nous coproduisons ces expériences d’innovation, nous donnons à voir peu à peu un territoire habité, idéal et faisons notre part pour essayer de passer d’un monde à l’autre.

Chaque Lieu est un éco-système, un Locusystème® façon aquitanis.

 

Cité par Pierre Rabhi dans son ouvrage : " La part du colibri ". L’espèce humaine face à son devenir. L’aube. 2009

 

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