Aquitanisphère, l'urbanité, notre bien commun.

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positionnement

Une entreprise en Transition sur un territoire « bien commun » pour ménager, en ce lieu, un projet de vie.

Depuis leur création, nos organismes sont en société nationale et locale œuvrant au développement, à l’adaptation et à la préservation de ce « bien commun » : le logement de qualité abordable financièrement pour les ménages que leurs revenus modestes écartent du marché.

Porteurs de l’intérêt général, inscrivant nos actions dans des politiques publiques du logement puis de l’habitat, armés d’une « éthique de conviction », nous avons ardemment contribué, dès la fin du XIXème siècle, aux ambitions nationales de lutte contre l’insalubrité, d’hygiénisme des classes laborieuses, d’accompagnement des populations impécunieuses à la propriété. A la Libération, nous avons été l’outil du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme pour reloger massivement et rapidement les français sans toit. Nous avons accompagné l’Etat dans sa politique de logement de masse et d’industrialisation de la construction, et ainsi nous avons apporté le confort moderne à des millions de ménages. Nous avons su offrir au plus grand nombre, dans cette période dite de la Reconstruction, le « logis exact » sans discussion possible.  Nous avons mis en œuvre la doctrine d’héliothermisme et d’ordre ouvert du monde nouveau qui s’annonçait. Nous avons porté toutes les innovations attendues : typologique, technique et sociale lorsqu’il s’est agi de mettre en œuvre le nouvel impératif de participation des habitants après 68. Nous avons été les acteurs de premier rang des politiques de Renouvellement urbain, dans les années 2000, lorsque les grands ensembles ne faisaient plus société. Depuis, pour une habitabilité sans cesse actualisée, nous incorporons toutes les exigences et appliquons toutes les normes de performance du bâtiment et du logement. Nous nous échinons à faire vivre les principes de « mixité sociale », de « mobilité », de « parcours résidentiels ». Et aujourd’hui si la société et les collectivités désirent des bâtiments « intelligents », des éco-quartiers, nous les réalisons dans des politiques publiques aux ressources financières de plus en plus contraintes.

Et nous serons, encore et toujours, les « hussards de la République », comme s’est plu à nous nommer une ministre du logement, chaque fois que l’Etat nous mobilisera dans la lutte contre « la crise du logement » !

Alors, nous en sommes intimement convaincus : plus « sociétal » que nous…

Et pourtant ! Nous, opérateurs spécialisés du logement en France, nous sommes remis en question par Bruxelles au nom de la liberté de concurrence entre les opérateurs sur un marché immobilier  « libre et non faussé ». Nous serions «passéistes», « conservateurs », « bureaucratiques » en voulant œuvrer, comme avant, pour un monde et une société qui, eux, ont si profondément changés ! Sauf à poursuivre notre modernisation pour entrer définitivement en marché !

Savons-nous aujourd’hui répondre aux exigences de transition énergétique, de mobilité et d’accès au plus haut débit qui soit ? Participons-nous de cette impérieuse exigence d’immeubles, d’objets et d’humains connectés du post-modernisme ? Contribuons-nous à plus d’intergénérationnel, de fluidité, de labilité, de porosité et en même temps d’ancrage, de sécurité ? Avons-nous compris que notre logement n’était plus un bien culturel mais un produit industriel ayant une valeur sur le marché immobilier ? Acceptons-nous que la règle nouvelle soit celle du groupement d’opérateurs pour une offre plus efficiente au nom de sa mixité ? Saurons-nous laisser place, petit à petit, à des opérateurs privés qui nous livrent clé en mains le produit le plus demandé qui soit ? Ou alors, pour ne pas disparaître, saurons-nous devenir ces « opérateurs globaux d’intérêt général » qui « doivent s’inscrire dans une culture d’entreprise fondée sur la mise en œuvre de logiques économiques », que certains appellent de leurs vœux ?

Si la société Moderne nous a trouvé sur son chemin, la société Post-moderne semble nous laisser, un peu, au bord du chemin ! On dit de nous que nous avons du mal à adapter notre offre aux nouvelles attentes de la société française, que nous avons perdu le lien, que nous ne sommes plus en congruence intime avec elle. Nous étions uniques, nous sommes un parmi tant d’autres opérateurs. Et il nous faut refaire la preuve de notre « utilité sociale ».

Oui, nous sommes d’accord : le contexte institutionnel est en plein mutation, la société se recompose et se durcit, le milieu urbain densifie à la fois les envies citoyennes et les crispations entre communautés, les fractures s’intensifient entre territoires métropolitains et zones urbaines périphériques, le monde Hlm voit ses cartes redistribuées. Peut-on tout entendre, tout comprendre, tout prendre en compte, faire bien ou faire au mieux ? Sommes-nous encore en société quand celle-ci n’a d’autre assurance que de changer ? Faisons-nous encore société quand on dit de celle-ci qu’elle refuse le changement ?

Quelle est notre mission ? Quel bien nous est en commun aujourd’hui ? Quel intérêt servons-nous ?

Si la société française vit au rythme d’une crise du logement qui perdure depuis le milieu du XIXème siècle, nous, organismes du logement social, vivons, aujourd’hui, une crise de légitimité et une crise d’identité : sommes-nous, comme beaucoup, des opérateurs en marché ou…

Nous, qui avons si ardemment contribué à la Reconstruction de la France, qui avons fait du logement moderne pour tous un marqueur de la Modernité, saurons-nous nous reconstruire dans cette société post-moderne ?

« Last but not least », rien n’est plus comme avant, cela est chose sûre ! Mais, ajoutons que le monde comme on l’a connu est en train de disparaître, nos modèles de pensée et d’agir se fissurent. Nos ressources traditionnelles s’épuisent, la grande séparation entre nature et culture nous fait inconsidérément gaspiller notre bien commun environnemental. Nos écosystèmes se fragilisent à une vitesse inconnue jusqu’à lors. Quel monde laisserons-nous aux générations futures ? Le processus de modernisation s’achèvera-t-il quand la nature s’en sera allée pour de bon, au terme d’une acculturation immense du Réel ? C’est un monde plus pleinement humain que l’ancien,  mais un monde dans lequel la « culture » est une véritable « seconde nature ».

Comment face à cela, à cette complexité, aquitanis peut se positionner ?

S’adapter à un monde qui bouge ? Illusoire, nous semble-t-il, car l’évolution, la réactivité ne suffisent plus. La voie qui nous est ouverte est étroite et infinie, celle du passage d’un monde à l’autre où il nous faudra tous faire plus avec moins en remettant en cause nos certitudes et nos références, où il faudra accepter que la complexité s’avère notre chance en faisant le deuil de la simplification du réel dans l’espérance illusoire d’avoir la main dessus.

Alors nous avons refait le chemin en société. Nous avons affirmé en 2008 vouloir positionner aquitanis sur le territoire de l’agglomération bordelaise en logique RSE. Nous avons avancé à notre manière sans référence aucune à ceux qui autour de nous nous racontait la belle histoire de la notation extra-financière,  du reporting, du chiffre et du ratio. En début d’année 2013, nous avons été évalué dans le cadre de la norme internationale ISO 26000 de management durable et nous sommes devenus un des leaders en France tous secteurs d’activités confondus.

En 2014, nous avons dit qu’il fallait poursuivre dans cette voie mais avec encore plus d’exigence.Une voie où nous devons, non chercher à nous adapter à une société qui nous échappe, mais changer notre façon d’être au monde. Le devenir de l’homme, l’avenir de la Terre voilà très certainement ce qui doit faire société ici et maintenant ! Une voie réellement exigeante s’offre à nous car il s’agit de changer radicalement la manière de penser et de faire, mais très enthousiasmante car reposant sur une vision de l’avenir résolument optimiste avec l’action collective comme moteur et l’humanité comme perspective.

Une voie qui poursuit le sillon que nous traçons depuis quelques années.
Cette voie est celle de la TRANSITION. Aquitanis en se posant comme une entreprise publique en transition sur un territoire de projets urbains et sociaux durable, affirme sa volonté de prendre part à ce mouvement et de faire sa part en initiant et en contribuant de manière ouverte, à la mise en œuvre d’innovations en matière d’habitat, en logique de développement durable. Ainsi, sur les territoires de projets de l’agglomération bordelaise, de l’aire métropolitaine, du bassin de vie, devenus des espaces d’apprentissage collectif et continu d’une nouvelle manière d’être au monde, il nous appartient d’agir ensemble de manière performante, de plus en plus performante.

La performance s’entendant ici comme la création de valeur non seulement économique mais aussi sociétale, culturelle et environnementale pour notre territoire.

Notre ambition est de faire advenir un nouveau modèle d’entreprise en « territoire bien commun à ménager », où, aux yeux de tous, « avoir de la valeur » veut dire : « ce à quoi nous tenons et qui est ce par quoi nous tenons ».

Comment y parvenir et tenir les deux bouts : produire (car la crise du logement l’exige) et survenir (car la crise environnementale nous y exhorte) ! Comment passer d’une « éthique de conviction » à, une « éthique de responsabilité » ?

En étant philosophe ! Non par fatalisme mais par volonté de contribuer à repenser le monde, pas moins !

La stratégie du « pas de côté ».

Changer de monde est possible, il suffit de prendre en compte des capacités qui trouvent l’expression dans la forme du « je peux ». Je peux faire ma part pour qu’un nouveau monde survienne. Et pour cela l’action doit se caractériser par les capacités que le philosophe Paul Ricœur a mises en évidence dans sa conception de « l’homme capable » : Pouvoir dire, pouvoir faire, pouvoir raconter et se raconter, être imputable de ses actes.

Je dois pouvoir dire qu’il nous faut devenir une entreprise responsable et durable et que le voyage est incertain car en « terra incognita ». Je dois pouvoir affirmer notre conviction que notre territoire de développement n’est pas un marché, une arène concurrentielle où le plus fort l’emporte, mais un « bien commun » à ménager.

Je peux faire, en étant pragmatique, advenir cette vision du territoire en des Lieux singuliers qui sont pour nous des situations de gestion à  la portée de nos équipes. Où faire projet urbain et social doit très concrètement intégrer la « compétence habitante », porter le souci de « cultiver ensemble la nature urbaine » et concrétiser la capacité à « co-concevoir un habitat essentiel ». Je peux assurer cette Transition de loger à habiter quand le premier dit l’attente ou l’impérieux besoin  d’être logé et que le second porte une manière d’être soi, d’être aux autres et d’être au monde.

Je dois pouvoir raconter ce que nous avons su produire, non simplement dans une dimension « matérielle » mais dans une dimension « idéelle » qui fonde l’identité d’une valeur commune. Car « les fins en vue » ne sont pas uniquement d’aménager, de construire, de gérer mais de créer ce à quoi nous accordons de la valeur : restaurer des relations de co-évolution entre les établissements humains, la nature et le travail. Concilier des biens communs naturels (la terre, d’abord, puis l’eau, l’aire, les sources d’énergie naturelle, les forêts, les rivières, les lacs, les mers, etc) et des biens communs territoriaux (les villes et les infrastructures historiques, les systèmes agro-forestiers, les paysages, les ouvrages hydrauliques, l’assainissement, les ports, les installations de production énergétique). Et c’est dans cette dimension que nous racontons réellement qui nous sommes !

J’ai besoin que mes actions me soient imputées sous le terme de reconnaissance de responsabilité. Car si avant nous étions animés d’une « éthique de conviction » pour loger les ménages aux revenus modestes qui comptaient sur nous car écartés du marché immobilier privé, aujourd’hui nous sommes armés « d’une éthique de responsabilité » pour assumer pleinement ce qu’habiter veut dire : ménager, en ce lieu, un projet de vie. Avec l’assurance qu’organisme et environnement font partie d’un tout existentiel, ils ne peuvent être séparés. Du point de vue de la théorie de l’action qui est la nôtre, cela signifie que les moyens et les fins ne peuvent être séparés et qu’ils se co-déterminent dans le cadre d’un processus de révision permanent.

 

Dans ce mouvement de Transition réalisée, mise en récit, incarnée et imputée : « Peu à peu les formes se précisent, non parce que mon regard s’accommode, mais parce que mon esprit, en les reconnaissant, les délivre de leur enchevêtrement ». André Malraux.

 

Bernard Blanc

Directeur Général d’aquitanis

 

 

 

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